Concurrence inéquitable : des normes sociales (salaires, protection sociale, droit du travail), environnementales, sanitaires et juridiques radicalement différentes entraînent des coûts du travail de 8 à 20 fois inférieurs dans certains pays émergents (avec souvent une productivité industrielle équivalente), d’où des délocalisations, des fermetures d’usines et des pertes d’emploi massives dans l’Union Européenne.
Concurrence déséquilibrée : ces pertes d’emplois auraient pu être compensées partiellement si les échanges de l’Union avec les pays émergents avaient été équilibrés : malheureusement ils sont très déséquilibrés avec certains pays, qui ont fondé leur croissance sur leurs exportations plutôt que sur leur demande intérieure, et qui ont préféré accumuler des réserves de change colossales en vue de leur développement futur.
Concurrence asymétrique : de nombreux pays émergents imposent des restrictions à leurs importations (sous forme de compensations, parts locales, apport de technologie, obligations de production locale, fermeture des marchés publics) ou des restrictions aux investissements étrangers (autorisation d’investissement, obligation d’association avec un partenaire local et limitation du pourcentage de participation).
Protectionnisme monétaire : la non-convertibilité du yuan et la fixation arbitraire de sa valeur par les dirigeants chinois aggravent la situation : la sous-évaluation du yuan (plus de 40 %) constitue un protectionnisme puisqu’elle équivaut à une taxation des importations et à une subvention des exportations. Résultat : tous les pays européens sont en déficit avec la Chine.
Cette concurrence oppose progrès économique et progrès social, que ce soit dans les pays émergents qui ont fondé leur croissance sur leurs exportations plutôt que sur leur demande intérieure ou dans les pays développés qui l’acceptent.