"L'Europe ouverte à tous les vents, l'Europe qui ne se protège par contre les dumpings, l'Europe qui ouvre ses marchés sans exiger la réciprocité de la part de ses concurrents, l'Europe qui laisse entrer des produits de pays qui ne respectent pas les règles sociales ou environnementales, cela ne peut plus durer. L'Europe doit négocier pied à pied la défense de ses intérêts commerciaux."
"L’Europe qui ouvre tous ses marchés publics quand d’autres n’en ouvrent aucun, c’est non. La réciprocité exigée ce n’est pas le protectionnisme, c’est la volonté d’une concurrence loyale entre les grands marchés du monde. Depuis 1933, l’État américain est contraint par la loi à n’utiliser que des produits fabriqués en Amérique dans les marchés publics. Depuis 30 ans, les Américains ont étendu cette obligation à tous les marchés d’infrastructures autoroutières et de transports en commun qui bénéficient de subventions gouvernementales. Alors, je pose solennellement la question, pourquoi ce que les États-Unis, pays le plus libéral du monde, s’autorisent, l’Europe se l’interdirait. La France demandera que l’Europe se dote d’un « Buy European Act » sur le modèle du « Buy American Act ». Ainsi bénéficieront de l’argent public européen, les entreprises qui produiront en Europe. Je veux m’engager totalement dans ce combat. Si dans les douze mois qui viennent aucun progrès sérieux sur l’exigence de la réciprocité avec nos principaux partenaires n’était enregistré, alors la France appliquera unilatéralement cette règle jusqu’à ce que les négociations aboutissent."
L’Europe doit défendre dans les négociations commerciales, qu’elles soient bilatérales ou multilatérales, un principe de réciprocité. Réciprocité dans l’ouverture des marchés. Réciprocité dans les normes, notamment sociales et environnementales, qui sont appliquées. Nous souhaitons que ce principe de réciprocité dans les relations commerciales se traduise par la mise en place de « taxes réciprocité» aux frontières de l’Europe: la fiscalité sera modulée afin de corriger les phénomènes de concurrence déloyale de la part de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales, environnementales, mais également économiques (contrôle des aides d’État...) que l’Europe. Ces «taxes réciprocité» intégreront notamment la «taxe carbone» aux frontières de l’Europe.Afin d’assurer leur conformité à l’OMC, ces taxes seront ciblées et liées à des conventions internationales identifiées (normes de l’Organisation internationale du travail, convention sur la diversité biologique, protocole de Kyoto, etc.).
"Je proposerai également une nouvelle politique commerciale pour faire obstacle à toute forme de concurrence déloyale et pour fixer des règles strictes de réciprocité en matière sociale et environnementale. Une contribution climat-énergie aux frontières de l’Europe viendra compléter cette stratégie. J’agirai, dans le cadre du G20, pour une parité plus équilibrée de l’euro vis-à-vis du dollar américain et du yuan chinois en proposant un nouvel ordre monétaire international".
"Nous proposerons à l’OMC que soient inscrites dans les règles du commerce international les normes fondamentales définies par huit conventions de l’Organisation Internationale du Travail…les normes de lutte contre le réchauffement climatique,ainsi que les normes techniques et sanitaires de protection des consommateurs européens…en cas d’échec durable des négociations sur les normes dans le cadre de l’OMC,nous augmenterons les droits de douane au niveau européen sur les produits ne respectant pas les normes internationales en matière sociale,sanitaire ou environnementale".
La Commission du commerce international du Parlement Européen "demande que l’Union Européenne propose une réforme des règles d’organisation des échanges régis par l’OMC incluant des normes contraignantes à caractère social et sanitaire,élaborées conjointement avec l’OMS, l’OIT et l’ONU".
Déclaration de Michel Barnier à l’AFPLe Commissaire Européen Michel Barnier a rappelé que ses services et ceux du Commissaire au Commerce Karel De Gucht travaillaient à une proposition visant à garantir une meilleure réciprocité des pays tiers comme la Chine dans l'accès aux marchés publics. Le commissaire a qualifié la proposition dans les cartons de Bruxelles de "réaction non protectionniste", pointant sans la citer la proposition de Nicolas Sarkozy. Elle permet "d'appliquer une réciprocité sous certaines conditions et nous donne du levier vis-à-vis de nos partenaires commerciaux". Le projet de texte de l'exécutif européen vise à limiter l'accès aux marchés publics de l'UE à des entreprises de pays extérieurs si ces derniers n'assurent pas des conditions équivalentes aux sociétés européennes candidates chez eux à des appels d'offre.